L' UPE2A, pour qui ? pour quoi ?

Publié le 1 Février 2018

L' UPE2A, pour qui ? pour quoi ?

Source : Article de Jean-Marc Pinson, Ouest-France, 31 janvier 2018

Le français n’est pas leur langue maternelle mais ils l’apprennent ici. Rencontre avec des enfants « allophones » du collège Jules-Ferry à Quimperlé.

Ces jeunes viennent d’ailleurs. Pour diverses raisons, eux et leurs familles sont fraîchement arrivés en France. Ou bien alors ils sont issus de familles itinérantes. Le système éducatif tend la main à ces jeunes qui ne parlent pas notre langue. Au collège, par exemple, ces élèves allophones suivent des cours de français, de maths, d’histoire-géo, d’anglais.
« Il s’agit de groupes de soutien et non de classes à proprement parler, souligne Céline Hélias, coordinatrice second degré au Casnav, centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs. Dans le Finistère, Brest, Quimper et Quimperlé accueillent ces jeunes au collège.
Différentes cultures
En ce mardi après-midi, à Quimperlé, au collège Jules-Ferry, l’ambiance est studieuse dans le groupe de Sandra Veillon, enseignante. Ses élèves sont une quinzaine, âgés de 12 à 17 ans. Moussa, Achraf, Bashkim et les autres posent des questions chacun leur tour, de façon posée, dans un français plus que correct.
Sandra Veillon veille au grain, ramène un peu de discipline si nécessaire, on sent qu’elle aime son boulot : « En tant qu’enseignante c’est plus qu’enrichissant. On ouvre les yeux sur différentes cultures. » Une moitié de l’effectif n’était pas scolarisée auparavant, il y a donc un gros travail d’apprentissage de la lecture, de l’écriture.
« Les cours me plaisent bien », sourit Moussa, originaire de Guinée Équatoriale, qui lui, est un jeune mineur isolé. S’il déplore le climat trop froid à ses yeux, il s’est fait des relations, en jouant notamment au foot à Quimperlé.
Miruna, jeune Roumaine basée à Quimperlé depuis un peu plus d’un an, semble apprécier également les enseignements en FLS, comprenez Français comme seconde langue. « Quimperlé ce n’est pas bien grand, mais on est bien. Mon père ne parle pas du tout le français, ma mère un peu, ça va. »
Pour Isidora, originaire du Kosovo, la principale difficulté en arrivant en France est simple : « On ne comprenait rien ! On avait l’impression d’être seuls ». De son côté, Alex, Hongrois, trouve que le plus dur, « c’est l’accent ». Quant à Douaa, parfois elle se mélange les pinceaux en écrivant de droite à gauche comme dans sa langue maternelle.
Du coup, ces élèves sont polyglottes. Combien de langues parlent-ils ? « 3 ! 5 ! 7 ! » disent-ils en comptant leurs doigts.

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